Animaux de compagnie et coronavirus

Depuis des mois, on ne parle plus que de ça ! Depuis le 17 mars, c’est même devenu quasiment le seul sujet qui alimente les conversations, réelles ou virtuelles, confinement oblige…

Entre le décompte des malades et des décès, les essais thérapeutiques, les polémiques sur la pénurie de gel hydroalcoolique ou les masques, l’économie, il est peut-être des questions que vous vous posez légitimement si vous êtes détenteur d’animaux domestiques, comme : « Mon animal peut-il être porteur du coronavirus et me le transmettre ? », ou « Comment m’occuper de mon animal, bien portant ou malade, en cette période si particulière que nous connaissons ? »

 

Cet article a pour objectif de répondre à quelques-unes des interrogations les plus fréquentes des propriétaires d’animaux de compagnie, sans pour autant prétendre être exhaustif. Il fera vraisemblablement l’objet de mises à jour régulières, en fonction de l’évolution des connaissances sur le sujet…

 

 

A priori, pas d’inquiétude pour nos animaux de compagnie !

 

Les retours d’expérience que nous avons de Chine démontrent tous jusqu’ici que la contamination des animaux domestiques par le coronavirus est rarissime.

 

En 2002/2003, le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) a émergé en Chine, et a diffusé rapidement dans une trentaine de pays. Cette épidémie – également due à un coronavirus – n’a duré que quelques mois, mais a marqué durablement les esprits. De ce fait, lorsque le nouveau coronavirus Covid-19 est apparu dans cette partie du monde, la réglementation locale de Hong-Kong a imposé le dépistage de tous les animaux des propriétaires atteints par le Covid-19. Sur une population estimée à plus de 500000 chats et chiens, seuls 2 cas se sont avérés positifs au test et ont été placés à l’isolement. Après les 14 jours de quarantaine, et en l’absence de tout symptôme, le premier chien testé à 6 reprises présentait un « faible taux de virus dans les voies respiratoires et la cavité buccale », et des tests négatifs, ainsi que l’absence d’anticorps sériques qui auraient pu témoigner d’une infection transitoire. Le second chien a été testé positif le 18 mars dernier et est toujours en isolement, sans aucun signe de maladie toutefois.  

Ailleurs en Chine, un tel dépistage n’a pas été réalisé, mais, malgré un confinement strict dans des logements souvent exigus, les animaux de compagnie sont restés en bonne santé, témoignant donc de l’absence de (ou de l’infime) risque de contamination des animaux par leurs « humains de compagnie ».

Par ailleurs, lorsque les propriétaires étaient atteints par le Covid-19, un réseau de solidarité s’est mis en place (voisins, amis), pour prendre en charge les animaux dont les maîtres étaient souffrants (nourriture, promenades hygiéniques), sans qu’aucun incident ou contamination n’ait été à déplorer.

Il semble donc que ces éléments « de terrain » peuvent nous rassurer ; même s’il y a contamination passive de nos compagnons par le Covid-19, ces derniers ne semblent pas vecteurs du virus pour leurs maîtres.

Tout récemment, le vendredi 27 mars, la faculté de médecine vétérinaire de Liège a relaté qu’un chat avait été testé positif au Covid-19. Il a été contaminé par son maître lui-même malade, et a développé de légers symptômes, et une infection qui a été confirmée.

Toutefois, là encore il s’agit d’un cas isolé, loin d’être la règle, ne permettant pas de penser que les animaux domestiques sont vecteurs de l’épidémie, puisqu’en l’occurrence, c’est l’homme qui a contaminé l’animal et non l’inverse, et qu’aucune observation dans l’autre sens n’a été faite jusqu’ici.

 

Malgré ce très faible risque,  des précautions de bon sens s’imposent néanmoins ; elles ont été édictées par l’Académie de médecine le 24 mars dernier :

 

• Il est recommandé de renforcer les mesures habituelles de biosécurité vis-à-vis des agents pathogènes qui peuvent être transmis par les animaux de compagnie (essentiellement chiens, chats, furets et rongeurs), par l’intermédiaire d’aérosol, de salive ou de déjections, à savoir se laver minutieusement et souvent les mains à l’eau et au savon lorsque l’on s’occupe de l’animal (alimentation, litière, promenade, jeux…), surtout si on l’a caressé. Par ailleurs, il ne faut pas se laisser lécher le visage, et il est conseillé en période de pandémie, de ne pas dormir avec son animal.

 

• Si un propriétaire est atteint par le Covid-19, il est souhaitable de le séparer de son animal de compagnie pendant toute la période où le malade est susceptible d’excréter le virus. Et l’idéal serait d’éviter les contacts rapprochés de l’animal avec les autres membres de la famille ou les gens qui s’en occupent (quarantaine dans une pièce par exemple, en dehors des moments nécessaires à la distribution de nourriture ou aux sorties hygiéniques). Un shampouinage soigné de l’animal (avec des gants) est indiqué avant qu’il soit pris en charge par des tierces personnes, dans la mesure où la membrane lipidique du coronavirus est sensible aux tensioactifs (donc aux savons). En cas de nécessité, il est conseillé de faire part de la situation au vétérinaire, et surtout de ne pas sortir l’animal dans un lieu public ou à la clinique vétérinaire.

L’Académie de médecine a insisté sur le fait que « dans un foyer où vit un malade atteint par le Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu’avec l’animal de compagnie », et a conclu en rappelant qu’« en période de confinement, l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ». Nos compagnons sont des anti-stress particulièrement remarquables qui peuvent être source de joie et d’apaisement pour les enfants, mais aussi pour les personnes seules…

 

Afin d’éviter d’être pris au dépourvu si la situation se présente, envisagez des solutions de promenade ou de garde pour votre animal si vous deviez être strictement confiné chez vous sans possibilité de sortie (en cas de symptômes de coronavirus), voire hospitalisé. La /les personnes qui s’occuperont de l’animal devront être vigilantes sur les mesures d’hygiène.

 

 

Comment prendre soin de son animal de compagnie en période de confinement ?

 

• Les promenades hygiéniques

 

Elles sont indispensables pour les chiens, mais en de nombreux endroits, des arrêtés préfectoraux ont été pris, interdisant forêts et parcs. Les sorties hygiéniques devront – comme il est rappelé dans le décret du 16 mars 2020 – être brèves  (pas plus d’une heure !) et à proximité du domicile (maximum 1 km). L est préférable de fractionner l’heure en 3 ou 4 sorties de 10 à 15 minutes par jour.

Il devient en outre impératif d’attacher son animal afin de contrôler ses contacts avec les gens/animaux croisés, ou avec d’éventuels objets contaminés. Même si le Covid-19 n’est pas une zoonose (maladie transmise par l’animal à l’homme), un chien /chat peut héberger sur ses poils des particules virales provenant d’éternuements, de toux, de postillons d’une personne contaminée, et il ne faut donc pas laisser sauter son animal sur les personnes croisées, ni le laisser caresser par quiconque. Il a été en effet démontré que des gouttelettes contaminées pouvaient persister quelques heures sur le pelage d’un animal…

Par ailleurs, il sera également indispensable d’empêcher votre chien de renifler ou mâchouiller tout objet ayant potentiellement été en contact avec des humains (mouchoirs en papier, cannettes, chewing-gums, mégots, etc…)

Enfin, il faudra veiller à limiter les contacts avec les autres chiens, afin d’éviter que votre compagnon ne contracte une autre maladie ou se batte, vous obligeant alors à une visite vétérinaire en urgence qui romprait le confinement.

Dernier détail : pour les promenades hygiéniques, n’oubliez pas l’attestation dûment remplie, datée et signée !

 

Et pour les chats ?

Si votre chat l’accepte, mieux vaut l’empêcher de sortir, afin de ne pas risquer de contaminer votre domicile s’il a été au contact d’un malade au cours de ses virées quotidiennes. Si cela est inenvisageable, notamment à la campagne, les recommandations de bon sens énoncées plus haut sont encore plus à respecter.

 

• Les soins vétérinaires

 

L’Ordre national des vétérinaires a récemment rappelé que l’accès aux structures vétérinaires devait être réservé aux animaux malades et/ou blessés pour lesquels les soins ne peuvent être différés, soit parce qu’il s’agit d’une urgence, soit parce que la situation risque de s’aggraver à court terme. Dans l’attente de nouvelles directives, les rappels de vaccinations et tous soins non urgents (stérilisation, détartrage…) doivent être reportés à une date ultérieure.

Tenir son chien en laisse devrait limiter les risques d’accidents de la voie publique, de contact avec par exemple des chenilles processionnaires (qui sont actuellement de retour) ou avec des plantes ou produits toxiques. Néanmoins, il importe de rester vigilant, notamment pour les chats qui se baladent beaucoup plus librement.

Il est à signaler que les températures douces de ce début de printemps favorisent la recrudescence des tiques, responsables de maladies graves (piroplasmose, maladie de Lyme…)

Si toutefois une consultation en clinique vétérinaire est nécessaire, appliquez la procédure recommandée en ces temps de confinement : appelez au préalable pour faire estimer l’urgence de la situation, si besoin un rendez-vous vous sera fixé. Selon les structures, vous aurez ou pas la possibilité d’accompagner votre animal en salle de consultation, et il vous sera demandé de respecter les distances de sécurité d’au moins un mètre avec les autres personnes, soit dans la salle d’attente, soit à l’extérieur. Là aussi, n’oubliez pas de vous munir de votre attestation dérogatoire datée et signée, après avoir coché la case « motif de santé ». Par ailleurs, une personne maximum sera autorisée à accompagner l’animal.

 

• Et à la maison ?

 

L’alimentation

Faut-il réduire les rations ? Dans la mesure où l’exercice risque d’être moindre pendant quelque temps, commencez par diminuer les extras si vous en donnez (friandises, aliments distribués pendant votre propre repas…), et réduisez la quantité de nourriture journalière d’environ 10 à 15%. Surveillez le poids en pesant votre compagnon une fois par semaine, et adaptez en fonction du verdict de la balance. En revanche, ne changez pas de régime alimentaire brusquement, au risque d’occasionner des troubles digestifs.

Concernant l’achat de nourriture, les ruptures de stocks sont peu probables ; animaleries, grandes surfaces et cliniques vétérinaires continuent à être approvisionnées régulièrement. Si vous vous fournissez chez votre vétérinaire, pensez à passer commande de l’aliment, et prenez rendez-vous pour venir en prendre livraison.

 

Le confinement peut-il impacter le moral de nos compagnons ?

Certains animaux particulièrement actifs (chats, jeunes chiens, races « sportives »), s’ils ne sont pas suffisamment stimulés, auront tendance à faire plus de bêtises.

Pour pallier le manque d’exercice lié au confinement, mais aussi pour renforcer la complicité entre votre animal et vous, le jeu est plus que jamais recommandé. Avec cependant des phases de calme pour apprendre à le canaliser.

Si vous venez d’acquérir un chiot ou un chaton, c’est le moment de se concentrer sur sa sociabilisation et son éducation. Même si votre compagnon ne peut rencontrer de congénères ou d’animaux d’autres espèces, vous pouvez néanmoins l’habituer à divers bruits (trouvés sur internet par exemple), afin de ne pas en faire un animal craintif.

Vous pouvez aussi lui apprendre l’obéissance en pratiquant le renforcement positif (basé sur la récompense).

Tous ces moments de complicité partagés avec votre animal vous aideront tous deux à passer le cap de cette situation de confinement inédite, en attendant de meilleurs moments !

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