La dermatite estivale récidivante équine (= DERE)

La dermatite estivale récidivante des équidés (DERE) est une maladie inflammatoire chronique de la peau ou du derme. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une affection saisonnière qui apparaît au printemps, atteint son apogée à l’été, puis disparaît progressivement en automne. Cette affection revient chaque année, et les signes cliniques ont tendance à s’aggraver avec le temps.

La DERE est due à une hypersensibilité de certains équidés à des allergènes présents dans la salive de moucherons, du genre Culicoides. Environ 1 cheval sur 10 en est atteint en France, ce qui fait de la DERE la dermatose allergique la plus fréquente chez les équidés.

Comment reconnaître la DERE ?

Le symptôme le plus caractéristique de la DERE est le grattage : l’affection est extrêmement prurigineuse et le cheval cherche par tous les moyens à se gratter, contre les piquets, les murs, les portes de boxes etc… Il peut se rouler par terre, voire se mordre lui-même.

Les insectes se concentrent essentiellement sur quatre zones : tête et oreilles, encolure et crinière, ventre, et base de la queue. Au tout début de l’évolution, des boutons (papules) apparaissent en regard des zones de piqûres. Ces boutons sont cependant difficiles à voir. À force de frottements et de grattage, les crins se cassent ; la crinière et la queue peuvent sembler ébouriffées ; on peut observer la formation de plaies qui parfois s’infectent.

Dans les cas les plus graves, les animaux peuvent perdre du poids, et se montrent nerveux suite aux démangeaisons intenses ; ce qui peut gêner l’utilisation du cheval.

Au fil des ans, les lésions se chronicisent, la peau s’épaissit, se plisse, et les poils ne repoussent plus.

Quels sont les facteurs de risque ?

La DERE se déclare en général chez le cheval adulte entre l’âge de 2 et 4 ans.

• Prédisposition génétique ?

Les poneys sont particulièrement prédisposés à la DERE, notamment les Shetlands, les Welshs ou les Islandais (chez qui la maladie est héréditaire).

Bien que toutes les races de chevaux puissent être concernées, ce sont surtout les Frisons et les Pur-Sang Arabes qui sont atteints.

Il existe vraisemblablement un lien entre DERE et affections respiratoires d’origine allergique. Dans un même groupe de chevaux, seuls quelques-uns seront touchés.

• Les facteurs environnementaux

Les Culicoides adultes sont présents entre mars et octobre, lorsque les températures moyennes sont supérieures à 10/15 °C ; leur activité est essentiellement crépusculaire (entre 19 et 22h), mais certaines espèces sont nocturnes, voire actives le matin, jusqu’à 2 à 3h après le lever du soleil. Les femelles pondent des œufs dans les zones humides (mares, étangs, marais, ornières, zones boueuses…) mais aussi parfois dans les creux des arbres. Les Culicoides vivent surtout à l’extérieur (rentrent peu dans les écuries) et n’apprécient ni le vent ni la pluie.

Comment diagnostiquer et traiter la DERE ?

Le diagnostic repose essentiellement sur les signes cliniques, sur la localisation des lésions, le caractère saisonnier de la maladie, la présence d’un environnement favorable à la prolifération des Culicoides. Les examens complémentaires (intradermoréaction cutanée par injection de l’allergène dans le derme du cheval) sont peu spécifiques et difficilement utilisables sur le terrain.

Il n’existe pas de traitement spécifique, en tout cas aucun protocole standardisé concernant une éventuelle immunothérapie (par injections répétées d’extraits de Culicoides). Des médicaments peuvent être employés surtout pour lutter contre les démangeaisons :

• Traitements apaisants locaux (lotions) à renouveler fréquemment, pour améliorer le confort du cheval.

• Shampooings antiseptiques en cas de surinfection des lésions de grattage, à appliquer de préférence après tonte de la crinière, pour en améliorer l’efficacité.

• Compléments alimentaires ayant une action antiinflammatoire et de renforcement des défenses de la peau : acides gras essentiels riches en oméga 3 et oméga 6.

• Phytothérapie par voie orale, pour diminuer l’intensité des démangeaisons

• Antihistaminiques, dont l’efficacité est très variable d’un cheval à l’autre, selon les molécules et les dosages

• Corticoïdes (AIS), à réserver aux cas les plus graves pour soulager temporairement le cheval.

La meilleure option dans la lutte contre la DRE reste donc la prévention, à mener sur plusieurs fronts, mais dont le but essentiel est d’empêcher les piqûres de Culicoides.

• Rentrer les animaux durant la nuit dans des écuries fermées, entre mars et octobre

• Éloigner les chevaux des zones humides (minimum 500 m)

• Placer des moustiquaires imprégnées d’insecticide aux ouvertures des écuries

• Protéger les animaux en utilisant des répulsifs anti-insectes (souvent à base d’huiles essentielles ou de plantes), qu’il faut appliquer très régulièrement dès le début et pendant toute la période à risque (de mars à octobre)

• Si nécessaire, utiliser des sprays ou lotions insecticides à base de pyréthrinoïdes

• Pour les chevaux les plus sensibles, il existe des couvertures d’été (chemises), à associer avec un masque anti-insecte qui protège yeux et oreilles. Ces couvertures et masques peuvent être imprégnés de répulsif, ou d’insecticide si besoin.

• Des huiles peuvent être appliquées sur les zones de piqûre habituelles pour former une barrière protectrice. Mais attention, ces huiles (vaseline, camphre) sont photosensibilisantes, et il peut en résulter des brulures cutanées.

Conclusion

La DERE peut vite devenir une maladie très invalidante pour un cheval si elle n’est pas correctement prise en charge. Les meilleurs résultats seront obtenus en menant une prévention rigoureuse visant à limiter au maximum le contact avec les moucherons. Compte tenu de la possible hérédité de la maladie, il vaut mieux ne pas faire se reproduire les équidés qui en sont atteints.

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

30/07/2018

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