Comment passer les fêtes de fin d’année en toute sérénité avec nos compagnons ?

Quoi de plus stressant, en période de fêtes, que d’avoir à se précipiter aux urgences chez son vétérinaire, ou à trouver une clinique de garde sur son lieu de séjour ? Malheureusement chaque fin d’année on observe une recrudescence des consultations en urgence suite à des intoxications, brûlures ou accidents chez nos animaux de compagnie, bien souvent liés à une méconnaissance des risques ou à un défaut de vigilance dans la fièvre des préparatifs….

Pour vous éviter de passer le réveillon dans l’angoisse ou l’affolement, voici une petite revue (non exhaustive cependant !) des points à surveiller et des précautions à prendre…

Le décor

Sapin, boules, guirlandes et Cie

• Tout d’abord, il convient de bien stabiliser le sapin, afin qu’un animal joueur ou un peu remuant ne le fasse pas tomber sur lui au risque de se blesser plus ou moins gravement.

• On évitera les décors (boules en verre par exemple) susceptibles d’entraîner des coupures en cas de bris, ou alors on les placera bien en hauteur.

• Les guirlandes traditionnelles peuvent représenter un danger pour les jeunes animaux turbulents, qui auront tendance à les tirer, à les enrouler autour d’eux – donc possiblement autour de leur cou – provoquant parfois une gêne respiratoire importante, voire un étranglement.

• Les guirlandes électriques allumées et mâchouillées par un chien, un chat ou un NAC peuvent provoquer une électrocution ; il faudra donc veiller à les placer hors de portée des animaux, ou en tout cas protéger les câbles dans une gaine spéciale. Si un accident électrique se produit, surtout ne pas toucher à l’animal avant d’avoir débranché la guirlande ou coupé le courant !

• L’inhalation de petits éléments / sujets de décoration peut entraîner un risque d’étouffement en cas de blocage dans les voies respiratoires. Les animaux sont rarement pris sur le fait, mais peuvent par exemple se secouer la tête ou se donner des coups de patte sur le museau ; l’idéal est de trouver rapidement la cause afin de retirer l’objet si cela est possible. Une endoscopie chez le vétérinaire est parfois nécessaire…

• L’ingestion de ces petits éléments / sujets de décoration peut quant à elle entraîner une occlusion intestinale, avec des symptômes tels que perte d’appétit, vomissements, diarrhée…, qui parfois n’apparaissent pas immédiatement. Ce sont les commémoratifs et la description des symptômes qui orienteront la suspicion du vétérinaire, lequel devra souvent avoir recours à l’imagerie médicale (radiographie, endoscopie, échographie…) pour mettre en évidence le corps étranger. Si l’élément est petit, des mesures diététiques peuvent suffire, mais une chirurgie sera parfois indispensable, associée à une réhydratation et un suivi attentif de l’animal durant plusieurs jours. Mention particulière pour les guirlandes mais aussi pour les bolducs, ficelles et liens d’emballage des cadeaux, qui sont autant de corps étrangers linéaires très dangereux pour nos compagnons, susceptibles de provoquer des invaginations et nécroses intestinales !

• Enfin les bougies et veilleuses, que l’on aime allumer pour donner cette ambiance si particulière, peuvent être source de brûlures (ou d’incendie). Préférez les fausses bougies à LED, que vous placerez toutefois hors de portée de vos compagnons !

En votre absence, évitez que votre animal reste seul auprès du sapin et de ses accessoires ; et si vous êtes présents, ouvrez l’œil !

Les plantes ornementales « de saison »

Emblématiques des fêtes de fin d’année, présents en bouquets ou couronnes de l’Avent, gui, houx, if, représentent un véritable danger pour nos compagnons (et pour les enfants en bas âge !)

• Le gui est dangereux à la fois par ses rameaux et ses baies blanches : deux ou trois d’entre elles peuvent suffire à mettre en jeu la vie d’un chien ! En cas d’ingestion, tout commence par une salivation abondante, des vomissements, de la diarrhée. S’ensuivent des troubles nerveux et cardiaques, rapidement suivis d’un coma, puis de la mort. Le bouquet de gui sous lequel on s’embrassera le premier de l’an doit donc être en hauteur et surtout hors de portée des animaux.

• Sur le houx, feuilles et fruits rouges sont très toxiques ; leur ingestion (surtout les fruits car les feuilles piquantes sont rarement appréciées) entraîne somnolence, troubles digestifs (irritation buccale avec salivation, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales), et parfois troubles nerveux. La toxicité du houx est toutefois moins élevée que celle du gui.

• L’if – que l’on peut trouver dans certaines couronnes de Noël ou décors de table – est à proscrire en présence d’animaux ou d’enfants, car l’ingestion de quelques feuilles peut provoquer la mort en quelques heures seulement !

• Les jacinthes sont assez facilement déterrées et ingérées par certains chiens, et sont alors à l’origine de troubles digestifs, mais aussi nerveux ou cardiaques potentiellement graves.

• Le poinsettia (« étoile de Noël ») est toxique par ses tiges et feuilles. Leur ingestion peut entraîner une irritation de la cavité buccale (salivation importante) et des troubles digestifs, en général modérés.

Dans la mesure du possible, préférer des plantes artificielles en présence d’animaux ou les placer hors de portée de ceux-ci, en utilisant éventuellement des substances répulsives (écorces d’agrumes à leur pied, pulvérisation de substances piquantes comme le Tabasco, etc…)

Si vous êtes témoin de l’ingestion d’une plante toxique par votre animal, lui retirer tout ce qui est possible de la gueule, et l’emmener immédiatement chez le vétérinaire (emporter un morceau de la plante en cause). Surtout ne pas faire boire de lait !

Les repas de fête

Ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour nos compagnons !

• Parmi tous les aliments à risque, le plus à surveiller est le chocolat (voir cette Fiche Info déjà publiée)

La molécule responsable de la toxicité du chocolat chez les chiens (et les chats à un moindre degré) est la théobromine ; nos compagnons la métabolisent beaucoup plus lentement que nous ; Le chocolat noir est plus riche en théobromine que le chocolat au lait, et donc toxique à plus petite dose. Cette molécule est à l’origine de troubles cardiaques, respiratoires, neurologiques et digestifs. Les principaux symptômes sont : agitation, nervosité, tremblements, salivation anormale, parfois vomissements et convulsions. La mort peut survenir entre 3 et 72 h après l’ingestion, selon la quantité. Donc si vous vous apercevez que votre chien a chapardé un ballotin de chocolats et s’est servi au passage, foncez chez le vétérinaire. Il est à noter que les animaux brachycéphales (à museau aplati, comme les bouledogues, boxers, pékinois, etc.) sont plus sensibles à la toxicité du chocolat.

• Les oignons, l’ail, l’échalote sont interdits pour nos compagnons ; ils peuvent être cause d’anémies mortelles.

• Les os de volailles (poulet, canard, dinde, oie, chapon…) ingérés en trop grande quantité peuvent provoquer des constipations sévères, voire des occlusions intestinales. Par ailleurs, ils se cassent facilement lorsqu’ils sont mâchonnés, et les petites pointes peuvent provoquer des perforations digestives.

• Les aliments trop salés (charcuteries, saumon fumé…) peuvent induire des troubles digestifs (soif intense, vomissements, diarrhée), et nerveux si ingérés en grande quantité. Mieux vaut donc éviter de les laisser à portée de nos compagnons gourmands ! Ils sont plus particulièrement déconseillés aux animaux âgés, insuffisants rénaux ou cardiaques.

• Le foie gras est très appétent pour les chiens. Une ingestion en grande quantité peut provoquer une pancréatite aiguë nécessitant une prise en charge en urgence.

• Enfin, attention à l’alcool, surtout pour les chiens souvent enclins à lécher n’importe quoi ! Pensez à rincer les fonds de verre à l’eau si vous ne rangez pas immédiatement après la fête. Les bouchons de champagne sont à compter en fin de soirée, certains animaux facétieux aiment jouer avec eux, les mâchonner et parfois les avaler, ce qui peut provoquer une occlusion intestinale…

Enfin, certains dangers peuvent être liés à l’ambiance générale, le bruit, l’agitation, la musique, les enfants auxquels votre compagnon n’est peut-être pas habitué. Un animal anxieux acculé dans un coin peut mordre, griffer, ou s’enfuir si une issue est ouverte… Si votre animal est du genre nerveux, mieux vaut l’isoler dans un endroit calme, où il ne pourra être dérangé. Un spray ou un diffuseur de phéromones peut le rassurer également.

Pour conclure :

Rien ne sert de s’alarmer particulièrement, mais une bonne connaissance de votre animal, et un peu de prévoyance et de prudence vous permettront, ainsi qu’à vos compagnons, de passer de belles fêtes de fin d’année !

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

02/12/2019

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