Mon chat me mord lorsque je le caresse

Vous avez adopté un chat, que vous avez peut-être choisi pour son caractère indépendant et autonome, mais vous apprécieriez que, lorsqu’il vient se blottir contre vous à la recherche de contact humain et de chaleur, il se laisse caresser en fermant les yeux et en ronronnant, heureux de profiter de ce moment de calme et de sérénité…

Or, il n’en est rien, bien au contraire ; une fois bien installé sur vos genoux, quand vous commencez à le câliner, voilà qu’il s’énerve et se met à vous mordre ou à vous griffer! C’est ce qu’on appelle le syndrome du chat caressé-mordeur. Tentative de décryptage…

Pourquoi ce comportement pour le moins déstabilisant ?

• Une hypersensibilité, et surtout une hyperagressivité, en réponse aux caresses peut traduire des troubles anxieux, lesquels peuvent être consécutifs à une perturbation territoriale de l’animal, par exemple : déménagement, changement de mobilier, arrivée d’un enfant ou d’un autre animal dans le foyer, perturbation de la routine, etc… Si donc votre chat devient subitement agressif suite à une modification de son environnement, votre vétérinaire pourra vous conseiller et traiter cette anxiété.

• Dans certains cas plus rares, l’animal peut ressentir une stimulation normalement non douloureuse (caresse) comme une sensation douloureuse et désagréable contre laquelle il va se défendre. Une prise en charge médicale est nécessaire, pour trouver la cause du phénomène et tenter d’y remédier.

• En dehors de ces situations « pathologiques », il faut surtout avoir à l’esprit que tous les chats n’ont pas le même tempérament ; si certains recherchent le contact humain et quémandent les caresses, d’autres n’aiment pas particulièrement cela, et le manifestent en mordant / griffant. Il existe notamment des zones plus sensibles, « interdites », sur lesquelles certains chats n’accepteront aucun contact physique, aussi doux soit-il. C’est le cas des pattes, de la queue, des flancs… En revanche, la tête (sous le menton, sous le cou, sur les joues …) est un lieu où les chats apprécient en général de recevoir des caresses.

• Il a été démontré que la tolérance d’un chat aux caresses et son goût pour les contacts humains sont largement liés à sa sociabilisation, et plus spécialement à la période de sociabilisation « inter-espèces » (avec d’autres espèces que la sienne), qui a lieu entre la 2e et la 7e semaine d’âge. Il est donc important qu’un chaton puisse être mis en contact, pendant cette période dite d’imprégnation, avec des personnes et des situations diverses : contact avec adultes, enfants, autres animaux, au cours de manipulations douces et répétées qui lui permettront de percevoir la main comme agréable et réconfortante. Des chatons qui grandissent dans une famille sont généralement bien sociabilisés et amateurs de câlins et caresses. En revanche, si votre chat n’a pas bénéficié d’un tel apprentissage à cette période clé, il se peut qu’il ne soit pas très tolérant au contact de la main ; il peut avoir envie de se lover sur vos genoux (chaleur, douceur) sans toutefois apprécier d’être caressé, ou alors pas trop longtemps. Ce sera donc à vous d’apprendre à décrypter le moment où il faut s’arrêter pour éviter l’agression !

Quelles sont les limites à ne pas dépasser : les signes avant-coureurs de l’agression

Afin de pouvoir interrompre l’interaction à temps, il est important de savoir décrypter les signaux de mise à distance que votre chat vous envoie lorsqu’il en a assez :

• Il se soustrait à la caresse, tourne la tête, recule

• il arrête de ronronner

• il se met à battre de la queue (à la différence du chien chez qui cela est signe de joie)

• il rabat ses oreilles vers l’arrière

• ses pupilles se dilatent (ou au contraire se rétrécissent)

• il se lèche, se gratte, baille

• il se passe rapidement la langue sur la truffe,

• son poil se hérisse, il semble frissonner – ces 3 derniers signes marquant une hausse du niveau de tension

• il lèche la main qui le caresse, ce qui signifie « stop »

• il repousse la main avec une patte…

Dès l’apparition de l’un ou de plusieurs de ces signaux, une seule chose à faire pour éviter l’agression : arrêter de caresser votre chat !

Dans le cas contraire, l’inadéquation entre le message de demande de mise à distance qu’il envoie par son attitude corporelle et la réponse qu’il reçoit entraîne une tension et de l’irritation chez lui. Dans la mesure où il n’obtient toujours pas la réponse attendue, il passe à l’étape supérieure de « mise à distance » en langage chat : morsure et/ou griffure…

Si alors vous décidez de le punir de sa réaction par une réprimande ou une petite tape, vous risquez d’avoir tout faux, car du point de vue du chat, c’est vous qui n’avez pas adopté le « bon » comportement (cesser l’interaction lorsqu’il a envoyé les signaux d’alerte).

Les relations avec votre chat peuvent donc s’en trouver altérées : vous lui apparaissez comme un être imprévisible, potentiellement menaçant, et il peut s’ensuivre de la méfiance, voire de la crainte.

Par ailleurs, ces interactions inappropriées peuvent avoir des conséquences délétères à plusieurs niveaux : l’équilibre émotionnel de votre animal est perturbé, et pour le maintenir ou le rétablir, votre chat peut parfois développer des comportements « gênants » (marquage urinaire, dégradations, miaulements intempestifs / agitation…). Son agressivité peut également augmenter et se manifester dans d’autres circonstances, même parfois sans envoyer de signaux annonciateurs !

Comment revenir à une situation plus apaisée ?

Il sera difficile de changer totalement votre chat, et cela va être à vous de vous adapter à sa sensibilité, en restant attentif aux signaux qu’il vous envoie pour communiquer, et en les respectant.

Quand votre chat vient sur vos genoux, ne vous précipitez pas pour le caresser. Peut-être souhaite-t’il tout simplement être là, sans plus, et cela peut suffire à sa félicité…

Si vous voulez le caresser, faites-lui flairer votre main d’abord, et s’il s’y frotte et recherche un contact plus appuyé, pourquoi pas ? Mais toujours en l’observant et en cessant l’interaction au moindre signal de mise à distance.

S’il ne manifeste pas l’envie d’être caressé, rangez vos mains et profitez juste de l’avoir sur vos genoux !

Il existe certaines méthodes d’éducation positive (avec un système de récompense immédiate en cas de bon comportement) que l’on peut essayer pour tenter de « repousser les limites », mais cela demande beaucoup de temps, beaucoup de patience, beaucoup d’amour, et… parfois aucun résultat…

N’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire qui pourra vous expliquer la conduite à tenir !

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

27/01/2020

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