Le piétin

Le piétin est une maladie contagieuse qui affecte les ovins et sévit à peu près partout dans le monde. Cette affection grave touche l’espace interdigité (entre les onglons), ainsi que la corne du pied des ovins. Elle occasionne une douleur intense et entraîne des boiteries. Par ailleurs, les pertes économiques engendrées sont très importante.

Il est donc essentiel de bien connaître le piétin, afin de mieux le combattre, et surtout de le prévenir !

Les symptômes de la maladie

Trois points principaux sont à retenir quant à l’expression clinique du piétin dans un élevage :

• Boiterie plus ou moins marquée d’un ou plusieurs membres chez les animaux atteints

• Odeur nauséabonde assez caractéristique (qui correspond à la nécrose ou pourriture de la corne)

• Forte contagiosité à l’ensemble des animaux du troupeau, notamment en l’absence de plan de traitement global.

Il en découle donc d’importantes pertes en lait, en viande, en traitements curatifs et préventifs, en temps consacré aux soins des animaux malades.

Les lésions du piétin sont habituellement classées en 4 stades, selon la localisation et l’extension des lésions.

Les « coupables » : les germes responsables

Le piétin est dû à l’action conjuguée de deux bactéries, dont les noms scientifiques sont :

• Fusobacterium necrophorum, hôte normal du tube digestif des ruminants, anaérobie, Gram négatif, et très résistant dans le milieu extérieur. Cette bactérie produit entre autres une toxine irritante et provoquant la nécrose du derme.

• Bacteroïdes nodosus, anaérobie strict, fragile dans le milieu extérieur, qui produit une putrescine responsable de l’odeur caractéristique du piétin.

Ces deux bactéries se retrouvent :

• Dans les pieds infectés et les exsudats

• Dans les déchets de taille des onglons

• Dans la litière des bergeries, les fumiers

• Sur les parcours des animaux infectés

• Sur les sols des chemins et des pâturages (notamment dans les terrains à pH acide)

• Dans les selles des animaux (ce sont des hôtes normaux du tube digestif).

Les « complices » : les facteurs favorisants

Les facteurs favorisants environnementaux

• L’humidité des sols, des litières, des pâturages, des aires d’attente, est un facteur essentiel qui augmente les risques de maladie.

• Une température douce, supérieure à 10 °C

Ces deux facteurs expliquent la recrudescence des cas de piétin durant les printemps et automnes doux et pluvieux. A contrario, des températures basses (< 6-7 °C), un rayonnement solaire important, une sécheresse persistante, le retournement des sols et leur amendement par la chaux ou ses dérivés contribuent à assainir l’environnement.

Les facteurs favorisants liés aux animaux ou aux conditions d’élevage

• Certaines races d’ovins semblent plus sensibles ; les jeunes (vs les adultes), les béliers (vs les brebis) sont également plus fragiles.

• Une trop forte concentration d’animaux dans les locaux d’élevage ou les zones extérieures favorise la propagation de la maladie.

• Des blessures aux pieds (bogues de châtaignes par exemple…), ou des ongles mal taillés font le lit des germes responsables du piétin

• Certaines carences alimentaires (en protéines, phosphore, calcium, zinc, vitamine A…) fragilisent la corne et la rendent plus friable

• Certaines maladies intercurrentes (lésions d’ecthyma, de gale, ou liées à un strongle qui pénètre entre les doigts) favorisent également la maladie.

Le traitement d’un troupeau infecté

Il est impératif d’intervenir dès les premiers symptômes, compte-tenu de la contagiosité très importante.

La prise en charge doit être globale pour l’ensemble du troupeau.

Il convient donc dans un premier temps de trier les animaux :

• Animaux incurables, à réformer immédiatement : ce sont ceux qui ont plus d’un membre atteint, dont les articulations des doigts sont déformées, ou dont l’état général est trop dégradé.

• Animaux apparemment sains : aucun traitement n’est à administrer, mais ils doivent être surveillés régulièrement pour passer dans le groupe suivant le cas échéant. Ils seront placés sur des pâturages ou litières sains.

• Animaux boiteux à traiter.

Les animaux boiteux seront isolés et placés sur une litière sèche renouvelée régulièrement et traitée par épandage de produits à base de chaux.

Chaque animal sera traité avec un antibiotique de la famille des macrolides (par injection), et recevra une dose vaccinale de FOOTVAX® (à renouveler éventuellement 6 semaines plus tard s’il s’agit d’une primovaccination).

Les onglons de l’ensemble des animaux du lot seront parés (sans faire saigner si possible), et la corne retirée sera récupérée puis brûlée. Les pieds seront ensuite traités par un aérosol antiseptique et/ou antibiotique.

Une fois par semaine, les animaux seront passés au pédiluve avec du sulfate de zinc à 10 ou 20 % (10 à 20 kg/100 l d’eau), en veillant à ce que les onglons – propres – soient totalement recouverts (au moins 15 cm de hauteur de solution) et trempent au moins 10/15 minutes. Juste après le pédiluve, les animaux devront impérativement rester sur une surface sèche et dure pendant un minimum d’une heure. Le pédiluve sera renouvelé pour éviter qu’il devienne un bouillon de culture !

L’alimentation sera supplémentée en zinc (pierres à lécher enrichies en Zn pendant les périodes pluvieuses notamment).

Au bout d’un mois, les animaux seront réexaminés individuellement et répartis de nouveau dans un des 3 groupes : pas d’amélioration àréforme ; amélioration, mais boiterie encore présente à on recommence le protocole ci-dessus pendant un mois supplémentaire ; guérison clinique à passage dans le lot sain.

Parallèlement, les locaux d’élevage seront traités et désinfectés : curage soigneux des fumiers et litières, nettoyage de tous les matériels en contact avec les animaux (abreuvoirs, râteliers, barrières, portes, etc…), des parois, murs, sols. Les fumiers et effluents seront assainis par compostage.

Moyennant le respect scrupuleux de ces mesures rigoureuses, l’assainissement du troupeau pourra se faire assez rapidement, en quelques mois.

La prévention du piétin

Elle est essentielle pour éviter les pertes économiques lourdes, et les contraintes des traitements longs et fastidieux.

Le bon état des pieds du cheptel sera régulièrement contrôlé: parage bisannuel soigneux des onglons, passage hebdomadaire au pédiluve pendant les périodes à risque, supplémentation alimentaire régulière en zinc (surtout périodes à risque), hygiène rigoureuse des locaux et litières (épandage régulier de produits à base de superphosphate de chaux sur celles-ci), rappels de vaccination pour les adultes, et vaccination des jeunes dès le sevrage.

Tout animal boiteux ou présentant une lésion du pied sera isolé et examiné. Il ne réintègrera le troupeau qu’après guérison complète.

Les animaux nouvellement introduits seront strictement contrôlés et maintenus en quarantaine dans un local ou un pâturage isolés.

Conclusion

Compte-tenu de l’impact économique du piétin dans un troupeau, les mesures préventives sont indispensables. Il est donc conseillé, éventuellement avec l’aide du vétérinaire, d’examiner méthodiquement locaux, litières, pâturages, alimentation, pratiques d’élevage, au regard des risques de maladie, afin de relever les points sensibles de l’exploitation et d’y remédier en amont, avant que la maladie se déclare et se propage dans l’exploitation.

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

21/05/2018

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