Le surpoids et l’obésité chez le chien

Tout comme chez l’homme, surpoids et obésité sont des affections de plus en plus fréquemment rencontrées chez les carnivores domestiques, et notamment chez le chien. Elles sont souvent les conséquences de mauvaises pratiques nutritionnelles, et d’un déséquilibre entre apports alimentaires d’une part et dépenses physiques d’autre part.

L’obésité a un impact direct sur la santé du chien, en altérant la qualité et la durée de vie, mais aussi en favorisant l’apparition d’autres maladies. C’est pourquoi il est important d’en comprendre l’origine, afin si possible de la prévenir.

Mon chien est-il obèse ?

Un chien est qualifié d’obèse lorsqu’il présente une surcharge pondérale d’au moins 20 % par rapport au poids attendu, qui reste difficile à définir, spécialement chez des animaux issus de croisement et n’entrant donc pas dans les critères standards d’une race.

Une autre définition a donc été proposée, décrivant l’obésité comme « un état pathologique caractérisé par un excès de dépôt lipidique entraînant des modifications des différentes fonctions corporelles. »

D’après cette définition, 24 à 44 % de la population canine serait obèse.

Pour affiner et avoir une idée plus précise de l’état d’engraissement de l’animal à un moment donné, l’état corporel peut être apprécié selon différents critères (importance et localisation des dépôts lipidiques, visualisation ou non de certaines parties du squelette [pointe des hanches, apophyses épineuses vertébrales, côtes…], aspect général de la silhouette du chien). Une note d’état corporel (ou score corporel) peut donc être donnée : 1 : maigre, 2 : mince, 3 : optimal, 4 : gros, 5 : obèse.

Par conséquent, l’évaluation de l’état corporel de l’animal reposera à la fois sur sa pesée et sur son score corporel.

Pourquoi mon chien est-il obèse ?

La prise de poids chez le chien est due à un déséquilibre entre l’apport énergétique (alimentaire) et la dépense énergétique (calorique), et donc souvent liée à une suralimentation associée à un manque d’exercice.

Il existe toutefois des facteurs favorisants non alimentaires, parmi lesquels on peut citer :

• Des facteurs génétiques : ils ont été identifiés chez certaines races comme le Labrador, le Golden Retriever, le Beagle, le Basset Hound, le Cocker, le Teckel, le Cavalier King Charles, le Shetland, le Berger Allemand, les terriers…

• Le statut sexuel : les chiens castrés sont plus sujets à l’obésité que les animaux non castrés, car leur métabolisme est plus lent, et l’appétit souvent augmenté.

• L’âge : le risque d’obésité s’accroît avec l’âge (> 4 ans)

• L’existence de certaines maladies : maladies endocriniennes comme l’hypothyroïdie (40 % des animaux hypothyroïdiens sont obèses), l’hypercorticisme, le diabète (61 % des animaux diabétiques sont obèses), ou les maladies qui diminuent l’activité physique (arthrose, maladies cardiovasculaires ou respiratoires).

• La prise de certains médicaments : progestérone, anticonvulsivants, corticoïdes, … augmentent l’appétit et donc le risque d’obésité.

Parmi les causes alimentaires, qui la plupart du temps sont quasi-exclusivement de la responsabilité du propriétaire, (d’autant que bien souvent, un bon appétit est synonyme de bonne santé) :

• Alimentation « à la demande », nombre de repas excessif, distribution des restes de table, friandises, ou encore suppléments donnés par divers membres de l’entourage

• Aliments très appétents de mauvaise qualité (souvent bon marché), riches en graisses et en sucres.

La prise de poids s’effectue souvent insidieusement, gramme après gramme, et il est possible de distinguer deux phases :

• Une phase dite dynamique, qui s’étend sur plusieurs mois, voire plusieurs années, et se caractérise par des apports énergétiques supérieurs aux besoins ; le surplus est stocké sous forme de graisses.

• Une phase dite statique : l’animal est reconnu obèse, mais ne prend plus de poids ; son appétit est normal, parfois même diminué, car l’exercice est limité par l’obésité.

Quelles conséquences l’obésité peut-elle avoir pour mon chien ?

L’excès de graisse peut interférer avec le fonctionnement normal des organes internes, et l’obésité peut avoir un impact considérable sur la santé du chien, réduisant ainsi sa qualité et son espérance de vie (il a été démontré dans une expérience qu’un surplus de poids de 10 kg (27 kg vs 37 kg) sur des labradors réduisait l’espérance de vie de 4 ans).

Parmi les signes observés :

• Augmentation du poids du chien par rapport à son poids optimal, modification de sa silhouette

• Intolérance à l’effort

• Problèmes respiratoires

• Possibilité de collapsus trachéal (écrasement de la trachée)

L’obésité favorise également l’apparition de maladies diverses, ou de troubles potentiellement lourds de conséquences :

• Augmentation du risque de maladies cardiovasculaires / respiratoires par augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine

• Troubles articulaires : dysplasie de la hanche, hernie discale, rupture des ligaments croisés (genou)

• Aggravation des troubles ostéoarticulaires déjà présents (arthrose…)

• Diminution de la résistance aux infections, notamment cutanées

• Infiltration graisseuse du foie

• Augmentation des risques liés à l’anesthésie ou à la chirurgie

• Augmentation du risque de cancer

Comment faire maigrir mon chien de façon durable ?

Le traitement de l’obésité repose essentiellement sur des mesures diététiques et sur l’exercice physique, et le programme doit être adapté non seulement à chaque animal, mais aussi à chaque propriétaire !

Dans un premier temps, le vétérinaire va objectiver l’obésité en pesant le chien, en lui donnant un score d’état corporel. Puis il va établir le poids optimal vers lequel l’animal doit tendre, et il expliquera – si ce n’est déjà fait – tous les bénéfices que l’animal peut retirer d’une perte de poids.

Afin d’établir un « plan de lutte » réaliste avec des objectifs atteignables, le vétérinaire essaiera de cerner au mieux les habitudes alimentaires et le mode de vie de votre compagnon. Il sera essentiel de tout préciser, sans rien cacher de ce que l’animal mange (ration de base, friandises, apports complémentaires éventuellement fournis par les enfants, les voisins etc…). Au besoin, il peut être utile de noter, sur plusieurs jours, tout ce que consomme votre chien.

Le vétérinaire établira un programme détaillé, avec objectifs chiffrés, et prévoira des visites de contrôle à intervalles réguliers afin de mesurer les efforts accomplis, les progrès ou les échecs, et de comprendre les écueils rencontrés, pour pouvoir y remédier. Les échanges et la collaboration pleine et entière du propriétaire sont une des clés du succès dans la lutte contre l’obésité chez le chien.

Les mesures diététiques

Il est plus facile et préférable d’opter pour un aliment spécifiquement formulé pour l’amaigrissement, c’est-à-dire à restriction calorique, mais plus concentré en éléments essentiels comme les protéines, vitamines, acides gras essentiels et oligoéléments, afin d’éviter les carences. Cet aliment – souvent riche en fibres pour augmenter le volume d’ingestion tout en diminuant la densité énergétique – assurera la satiété de votre chien en lui apportant moins de calories que ce dont il a besoin, en règle générale 40 à 60 % de l’énergie nécessaire au maintien de son poids optimal. L’aliment sera pesé précisément, et donné de préférence en plusieurs repas quotidiens, pour mieux répartir la prise alimentaire.

Si votre animal a l’habitude de recevoir des friandises et récompenses, il est illusoire de vouloir totalement les supprimer ; dans ce cas, mieux vaut les fragmenter en petits morceaux, et n’en donner qu’une petite portion à la fois.

Pour un animal habitué à une ration ménagère exclusive, il est possible d’en concevoir une qui soit à visée amaigrissante, à discuter et à élaborer avec votre vétérinaire.

Exercice

L’autre volet du régime consiste en l’instauration d’un exercice physique régulier, afin de prévenir la perte de masse musculaire et osseuse au cours de la perte de poids. Pour un animal n’y étant pas habitué, l’exercice augmentera de façon progressive pour parvenir à au moins 30 minutes de marche rapide par jour (ou 2 x 15 minutes). Pour les amateurs, la natation est une possibilité… L’introduction de sessions de jeu dans la journée permettra également à votre animal de se dépenser, sans se focaliser sur ses frustrations alimentaires.

Médicaments

Certains médicaments peuvent être prescrits en complément des mesures précédentes, essentiellement pour diminuer l’appétit et limiter l’absorption des graisses. Cette réduction de la satiété est essentielle chez des chiens qui « vivent mal » leur changement de régime et présentent des comportements gênants face aux restrictions : aboiements, vol de nourriture, agressivité, pica…

Le vétérinaire les prescrira dans le cadre de la gestion globale de la perte de poids, afin d’éviter le relâchement et le découragement du propriétaire.

Toutes ces mesures mises en place en synergie, ainsi qu’une communication constante avec le vétérinaire devraient permettre d’obtenir une diminution du poids de votre animal. N’hésitez pas à faire part de vos doutes et de vos questions à toute l’équipe soignante, parce que le combat contre l’obésité se gagne à plusieurs.

Remarque : Obésité et castration

Il a été démontré que la castration d’un chien (mâle ou femelle) diminuait d’environ 20 % les besoins énergétiques. Les 6 à 12 mois qui suivent l’intervention sont cruciaux pour détecter une propension à l’obésité chez l’animal. Il conviendra donc d’être particulièrement vigilant durant cette période, et de diminuer de 20% l’apport calorique de la ration. Si avec cette mesure le chien est perpétuellement affamé, mieux vaut demander conseil à votre vétérinaire pour trouver un aliment spécifiquement formulé qui satisfera son appétit sans aggraver la facture énergétique.

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

22/04/2019

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