Les épillets

Avec la fin du printemps et le début de l’été revient la saison des épillets pour nos animaux domestiques. Ce sont des petits épis de graminées sauvages qui portent, selon les régions, diverses appellations, mais qui sont potentiellement à l’origine de nombreux dégâts !

Le pouvoir de nuisance de l’épillet est dû d’une part à sa capacité à se fixer sur toute surface filamenteuse (vêtement, mais aussi pelage d’animal), et à migrer/ voyager toujours dans le même sens, d’autre part à la possibilité de perforation des tissus (y compris la peau) grâce à son extrémité pointue et dure.

Le danger des épillets

Les épillets bien secs et durs de juin-juillet sont en règle générale plus « dangereux » que les épillets verts et plus tendres du printemps, parce qu’ils traversent plus facilement la peau ou les tissus. Mais ils peuvent aussi pénétrer par divers orifices naturels : oreilles, yeux, vulve, fourreau, anus, etc…

Les oreilles

Il s’agit de la localisation la plus fréquente. Si au printemps ou à l’été, au retour d’une promenade, un chien se met à secouer vigoureusement la tête, la penche sur le côté, refuse qu’on le touche, il y a de grandes chances pour qu’il ait un épillet. L’épillet en effet s’accroche aux poils autour de l’entrée des oreilles (plus particulièrement chez les chiens à poils longs ou à oreilles tombantes), descend progressivement au fond du conduit auditif (ce qui occasionne la gêne que ressent le chien, à cause des « barbes » piquantes de l’épillet), et parfois va jusqu’à perforer le tympan. Dans de très rares cas, il peut même le traverser et continuer son chemin dans l’oreille moyenne, ce qui devient beaucoup plus ennuyeux. La gêne et la douleur ne sont pas forcément proportionnelles à la taille de l’épillet.

Le nez

C’est la 2e localisation par ordre de fréquence : le chien renifle dans les hautes herbes, et revient en retroussant une narine, en éternuant violemment, en secouant la tête. Parfois, il peut même y avoir des saignements. Si l’on aperçoit l’extrémité de l’épillet au bord de la narine et qu’on essaie de l’enlever, il y a un risque que l’on ne récupère que le bout, tandis que le reste continue à remonter dans les cavités nasales. Soit l’épillet y reste, provoquant une rhinite avec jetage, soit il continue à remonter et se dirige vers les poumons. Mieux vaut le retirer avant qu’il termine sa progression dans le tissu pulmonaire !

L’œil

Un chien (ou chat) qui rentre d’une sortie à la campagne avec un œil à moitié fermé a probablement un corps étranger ; mais s’il s’agit d’un épillet, celui-ci n’est pas toujours facilement décelable ; il peut notamment aller se loger sous la membrane nictitante, encore appelée 3e paupière, qui se situe à l’angle interne de l’œil. Si l’épillet n’est pas ôté rapidement, les frottements de celui-ci sur la cornée risquent d’entraîner la formation d’ulcères, voire la perforation de la cornée avec perte de l’œil. Si l’épillet se loge dans le canal lacrymal, cela entraînera une suppuration chronique des voies lacrymales.

À noter que l’œil est une localisation fréquente des épillets chez les chats.

La bouche

Cette localisation se rencontre chez les chiens et chats mangeurs d’herbes ! On peut retrouver des épillets plantés dans les gencives, les amygdales, entre deux dents, etc. Parfois ces épillets traversent la muqueuse buccale et peuvent provoquer des abcès entre les mâchoires, derrière l’œil…

Les voies génitales

La vulve chez la femelle ou le fourreau chez le mâle sont des portes d’entrée possibles des épillets. Ils entraînent alors souvent des pertes purulentes et des abcès localisés, mais peuvent parfois migrer beaucoup plus loin en allant jusqu’à occasionner des péritonites s’ils passent dans la cavité abdominale.

Les sacs anaux

Cette localisation est aussi relativement fréquente ; un abcès des « glandes anales », surtout en période estivale, doit donc être traité rapidement, voire exploré à la pince (sous sédation) de façon à débusquer un éventuel épillet. Faute de quoi ce dernier pourra remonter le long du rectum et s’enfoncer vers l’intérieur du bassin, provoquant des dégâts bien plus sérieux.

Sous la peau

Un épillet, après avoir un peu progressé sur le pelage, peut s’enfoncer sous la peau après l’avoir perforée ; il chemine ensuite dans les tissus sous-cutanés et crée des fistules, petites galeries qu’il creuse au fur et à mesure de sa progression, qui vont suppurer. L’espace interdigité, où la peau est plus fine, est une porte d’entrée privilégiée, mais les épillets peuvent pénétrer n’importe où, notamment chez les chiens dont le sous-poil est dense.

Dans les poumons

Cela peut se produire lorsque les chiens courent gueule ouverte dans les herbes. Au lieu d’avaler classiquement l’épillet, celui-ci passe dans les voies respiratoires. Ce qui entraîne une toux persistante. Il est impératif de récupérer cet épillet le plus rapidement possible avant que sa progression ait des conséquences graves (pneumonie, pneumothorax, pleurésie…)

Que faire si l’on voit ou si l’on soupçonne fortement la présence d’épillets ?

Le mieux est de ne pas tenter de retirer l’épillet soi-même, même s’il est visible. La plupart du temps, c’est douloureux pour l’animal, et un coup de croc ou de griffe est vite arrivé. Le vétérinaire possède les pinces ad hoc pour retirer les épillets (pinces à corps étrangers), un otoscope avec divers embouts (pour les épillets du conduit auditif), et surtout de quoi sédater l’animal si les manipulations sont trop douloureuses ou délicates. Bien souvent, un traitement sera prescrit pour pallier les dégâts liés au séjour de l’épillet sur l’animal : otite suppurée, ulcères cornéens, etc.

Pour les localisations moins classiques, ou si l’épillet voyageur est parti coloniser d’autres lieux inhabituels, la recherche peut s’avérer plus compliquée et longue. Certaines techniques d’imagerie peuvent aider, notamment l’échographie des tissus. Même s’il n’est pas possible de localiser l’épillet dans 100 % des cas, il est souvent assez facile de le repérer de cette façon et d’apprécier à quelle profondeur il faut aller le chercher. On peut même utiliser le guidage échographique pour extraire le corps étranger dans sa totalité, sans laisser de barbules qui risqueraient d’entretenir l’abcès et les fistules…

Enfin, il existe des cas encore plus extrêmes où il est nécessaire d’avoir recours à un endoscope : c’est le cas des épillets qui migrent dans les voies respiratoires par exemple.

Ces petits corps étrangers donnent parfois beaucoup de fil à retordre aux vétérinaires lorsqu’ils ne parviennent pas à les localiser précisément…

Comment prévenir ?

Il est difficile de supprimer totalement le risque, mais on peut tenter de le minimiser de plusieurs façons :

• En faisant raser le chien, soit en partie (en face interne des oreilles autour de l’entrée du conduit auditif et aux extrémités des pattes jusqu’au-dessus des doigts) soit en totalité pour les chiens à sous-poil dense qui vivent à la campagne. Le résultat esthétique est discutable, mais l’animal souffre moins de la chaleur, et surtout, les épillets sont nettement plus repérables. Sans compter qu’on leur évite tous les problèmes liés à la macération.

• En tondant les herbes hautes du jardin (sans oublier de les ramasser)

• En évitant de balader le chien dans des endroits à risques. Lorsque les herbes hautes sont bien sèches, mieux vaut tenir son chien en laisse et bien inspecter son pelage au retour pour en éliminer les épillets qui pourraient s’y être fixés. Cette inspection permet aussi de retirer rapidement les tiques et d’éviter l’inoculation de maladies graves.

• En consultant rapidement le vétérinaire devant tout signe évoquant la présence d’un corps étranger, surtout durant l’été : chien qui se secoue les oreilles, éternue, tousse, garde un œil fermé au retour d’une promenade, présence d’un petit abcès entre les doigts ou sur le ventre, pertes vaginales sur une femelle stérilisée, etc…

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

03/07/2018

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