Les poux rouges des poules

Quand on se lance dans l’élevage de poules, le risque est grand de se retrouver un jour ou l’autre confronté à une invasion de poux rouges, contre lesquels il est parfois difficile de lutter.

Qu’est-ce que le pou rouge ?

Le « pou rouge » est un acarien dont le nom savant est Dermanyssus gallinae. Contrairement aux poux broyeurs qui vivent sur les poules, les poux rouges vivent dans le poulailler ; ils sont hématophages, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de sang, en particulier de celui des poules (mais ils peuvent à l’occasion aussi piquer les humains !).

Au stade larvaire, ils mesurent entre 0,3 et 0,7 mm, et lorsqu’ils sont gorgés de sang, environ 1 mm.

Ils apprécient particulièrement les endroits sombres et chauds, et se logent dans la moindre anfractuosité, fissure, entre les perchoirs, les planches, dans les tuyaux….Les élevages industriels sont également touchés.

En période estivale, lorsque les températures sont clémentes, le cycle de reproduction des parasites s’accélère : un pou peut pondre jusqu’à 200 à 300 œufs par semaine, qui deviennent adultes en 7 jours. D’où la croissance exponentielle et vite incontrôlable de la population de poux !

Quels sont les conséquences pour les poules d’une infestation par les poux rouges?

À plus ou moins long terme, les poules piquées à répétition par les poux rouges s’anémient (crête pâle), et leur état général s’affaiblit.

Les poux sont à l’origine de fortes démangeaisons (traces de piqûres sur la peau, perte de plumes au niveau du cou), ce qui perturbe leur sommeil ; ce facteur de stress entraîne une diminution des défenses immunitaires, et rend donc les poules plus vulnérables aux infections et maladies intercurrentes.

Dermanyssus gallinae peut également être un vecteur de maladies bactériennes (comme la salmonellose) ou virales.

En cas de forte infestation, la ponte est considérablement diminuée, voire interrompue.

Comment être sûr qu’il y a des poux rouges dans le poulailler ?

On peut suspecter leur présence en cas de modification du comportement des poules : elles sont moins mobiles, passent beaucoup de temps à se gratter entre les plumes, la ponte devient irrégulière.

Pour mettre les poux en évidence, il faut faire une inspection minutieuse du poulailler ; les parasites s’installent en général non loin de leurs hôtes, souvent cachés dans les recoins sombres près des perchoirs, en attendant l’heure du repas.

Comment se débarrasser des poux rouges ?

La lutte contre les poux rouges peut se révéler particulièrement longue et difficile, car ces parasites sont extrêmement résistants : ils sont capables de rester 6 à 9 mois sans s’alimenter ! Le vide sanitaire, ou le froid de l’hiver, ne suffisent donc pas pour en venir à bout.

• Dans un premier temps, il faut nettoyer : l’idéal est de pouvoir déplacer les poules dans un deuxième poulailler pendant que l’on traite celui qui est infecté. La litière sera retirée, puis on passera un coup de balai et enfin l’aspirateur absolument partout, après avoir gratté avec un couteau tous les interstices possibles où pourraient se trouver les parasites. Il faudra ensuite brûler la litière.

• À l’intérieur, le poulailler sera lavé avec du savon noir et rincé à grande eau, ou avec un nettoyeur haute pression, en insistant de nouveau dans tous les recoins possibles où pourraient encore se cacher des parasites ou des œufs. Enfin, les poux rouges ne résistant pas aux hautes températures, l’idéal est de passer l’intérieur du poulailler au nettoyeur vapeur ou à la flamme d’un chalumeau.

• Dans les élevages industriels, ces mesures de nettoyage sont difficiles à appliquer à grande échelle, et il est plus aisé d’utiliser des antiparasitaires qui seront appliqués dans les bâtiments : produits à base d’organophosphorés, ou de pyréthrinoïdes. Ces traitements agissent sur les adultes, larves et nymphes, mais pas sur les œufs. En outre, les poux rouges deviennent de plus en plus résistants à ces produits.

• Dans ce contexte, les solutions dites « naturelles » représentent un espoir pour les éleveurs, qu’ils soient professionnels ou familiaux.

– Parmi ces solutions, la terre de diatomée. Elle provient de gisements de diatomite, roche sédimentaire qui s’est formée à partir d’algues microscopiques dans les fonds marins il y a des millions d’années. Une fois prélevée et broyée, cette roche donne une poudre blanchâtre ou grisâtre, abrasive, qui répandue sur les perchoirs, la litière, dans les endroits de passage, rend le déplacement des acariens quasi-impossible : leur carapace est mécaniquement détruite. Attention, il faut porter des gants et un masque lorsqu’on traite le poulailler ! L’application de la terre de diatomée est à renouveler dès que la poudre a été dispersée.

– La cendre de bois semble produire le même effet abrasif sur la carapace des acariens ; elle n’est pas toxique pour les poules, et il faut la répandre une ou deux fois par semaine.

– L’utilisation de prédateurs naturels des poux rouges, en l’occurrence Androlaelaps casalis (Androlis®), que l’on introduit dans le poulailler, permet de contrôler la population de parasites (« lutte biologique ») ; il agit essentiellement aux jeunes stades du pou (larves et nymphes). Par ailleurs, ce traitement peut être utilisé en prévention, avant que le taux d’infestation ne soit trop important : il suffit de lâcher les prédateurs dans les zones à risques (perchoirs, nids, caillebotis), où les poules se reposent.

– Enfin, il existe un traitement interne naturel (Appicure®) à mélanger dans l’alimentation des poules, qui possède une action répulsive sur les poux rouges. Ces derniers ne se nourrissent donc plus correctement, et leur développement est stoppé. Ce produit est très intéressant en prévention et peut aussi être associé aux prédateurs pour lutter contre des infestations importantes.

– Un poulailler en plastique, dont le nettoyage est facile, n’offre pas aux poux rouges les conditions propices à leur installation : pas de recoins, pas de lattes, de caillebottis…

Conclusion :

La lutte contre les poux rouges, couramment répandus dans les élevages familiaux ou industriels, requiert de la patience, de la méthode et de la rigueur. Les solutions naturelles (terre de diatomée, cendre de bois, lutte biologique) semblent les plus efficaces, tout en respectant mieux l’environnement.

Rédigé par : Isabelle Mennecier – Docteur Vétérinaire

26/02/2018

Clinique de Soumoulou

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|

4bis avenue Lasbordes, 64420 Soumoulou

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|

05 59 04 60 31

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|}

Lu-Ve : 9h-12h // 14h-19h
Sa : 9h-12h // 14h-17h

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|U

Consultations sur rendez-vous

Clinique de Ger

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|

1030 rue du Gleysia, 64530 Ger

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|

05 62 31 55 34

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|}

Lu-Ve : 9h-12h // 14h-19h
Sa : 9h-12h // 14h-17h

~|elegant-themes~|elegant-themes-icon~|U

Consultations sur rendez-vous