Les troubles métaboliques chez la brebis

Les deux principaux troubles métaboliques chez la brebis sont d’une part la toxémie de gestation, d’autre part l’hypocalcémie. Ils surviennent en fin de gestation ou au début de la lactation, et sont d’origine nutritionnelle. Une meilleure connaissance des circonstances de leur apparition, et de leur mécanisme physiopathologique permet de mettre en place des mesures préventives simples.

La toxémie de gestation

Encore appelée « cétose », « acétonémie » ou « acétose », cette toxémie touche les brebis dans les dernières semaines ou derniers jours de gestation. Elle survient plutôt à partir des 2e ou 3e agnelages, et se rencontre plus fréquemment chez les femelles qui portent 2 ou 3 agneaux.

Elle est due à un rationnement alimentaire inadéquat, soit en excès (brebis trop grasse) soit par défaut (brebis trop maigre).

Quel en est le mécanisme ?

Durant les dernières semaines de gestation, les besoins énergétiques de la brebis augmentent considérablement (de 30 à 40 %) du fait de la croissance des fœtus, qui se fait à 80 % à cette période. Parallèlement, les capacités d’ingestion de la brebis diminuent à cause du volume occupé par l’utérus au détriment de celui du rumen.

Certains facteurs peuvent venir aggraver la situation : baisse des températures extérieures, stress, parasitisme, pathologies douloureuses (par exemple le piétin, qui complique l’accès à la nourriture)…

Quels sont les symptômes ?

L’évolution est très progressive ; au tout début, la brebis est juste un peu apathique, elle mange moins, mais n’a pas de fièvre. Puis elle est de moins en moins réactive aux stimuli extérieurs tels que la lumière ou le bruit.

Après 2 ou 3 jours, elle reste couchée et ne peut plus se relever ; elle a une haleine à l’odeur caractéristique de pomme verte (due aux corps cétoniques). Parfois, des symptômes nerveux peuvent être observés (tremblements, grincements de dents…).

Si rien n’est tenté, la mort survient dans 90 % des cas, en moins d’une semaine, après une période de coma plus ou moins longue.

Quel traitement ?

Si la brebis est proche du terme, une césarienne peut être réalisée pour sauver la mère sans pénaliser les agneaux. Si le terme est encore loin, l’avortement thérapeutique est souvent la seule solution.

L’hypocalcémie

Ou « parésie puerpérale », est une affection assez courante en fin de gestation, et est souvent associée à la toxémie. D’ailleurs ces deux troubles métaboliques sont souvent confondus.

Quel en est le mécanisme ?

En fin de gestation, il existe une forte augmentation de la demande en calcium pour construire le squelette des agneaux. Mais il y a un défaut de réponse, et la calcémie (taux de calcium sanguin) n’augmente pas. C’est un peu comme si la demande en calcium nécessaire au développement des fœtus n’était compensée ni par les apports alimentaires, ni par la mobilisation des réserves de calcium osseux de la brebis.

Quels sont les symptômes ?

Ils sont très proches de ceux de la toxémie. Il n’y a pas de fièvre. Au début, la brebis présente des tremblements et une incoordination motrice, puis elle devient indifférente et semi-comateuse. Les symptômes apparaissent brusquement, et évoluent très rapidement si rien n’est fait : la brebis meurt en 1 à 2 jours.

Quel traitement ?

À condition que l’hypocalcémie ne soit pas compliquée par une toxémie, elle est facilement curable et répond bien aux apports de calcium par voie sous-cutanée.

Comment prévenir les troubles ?

La prévention est essentielle dans les troubles métaboliques de la brebis, et concerne plusieurs mesures, surtout alimentaires :

► Dès le début de la gestation, le régime alimentaire doit être contrôlé ; dans un premier temps, il faut éviter de mettre à la reproduction une brebis trop maigre ou trop grasse. Dans un deuxième temps, il faut limiter la formation de masse grasse : les deux premiers tiers de la gestation, les besoins nutritionnels de la femelle pleine ne sont pas plus élevés que ceux d’une brebis à l’entretien. Un excès d’énergie risque d’entraîner une prise de poids trop importante ; toutefois, il ne faut pas non plus que la brebis maigrisse !

► Dans le dernier tiers de la gestation, lorsque les fœtus doublent de poids, il faut couvrir l’augmentation des besoins énergétiques, tout en tenant compte de la diminution du volume du rumen de la brebis : on distribuera des concentrés 4 à 6 semaines avant la date prévue de l’agnelage, en commençant par 50 g/j/brebis, puis en augmentant progressivement l’apport pour parvenir à 700 g les dernières semaines.

► L’idéal est de pouvoir identifier en amont les brebis « à risque », c’est-à-dire celles qui sont susceptibles d’avoir des portées importantes (taille des portées précédentes, certaines races plus prolifiques, contrôle échographique pour dénombrer les fœtus à partir de 40/50 jours de gestation).

Les brebis « à risque » recevront une ration de plus forte densité nutritive (aliments très nutritifs, mais peu encombrants), les autres auront une alimentation adaptée à leurs besoins.

► L’appétit pourra être stimulé par l’apport de foin de bonne qualité.

► Afin d’éviter l’engraissement excessif, il est bon que les brebis puissent avoir un exercice régulier et léger, en dehors de la bergerie, et ce, même si la météo n’est pas favorable.

► Pour les animaux à risque de toxémie, du propylène glycol ou du sorbitol par voie orale peuvent être apportés en complément de l’alimentation durant les 15 derniers jours de gestation : ils fourniront le glucose indispensable au métabolisme énergétique.

►Pour prévenir l’hypocalcémie, il faudra veiller aux apports minéraux de calcium et de phosphore tout au long de l’année, et plus particulièrement en période de gestation ou de lactation ; les foins de très bonne qualité, ainsi que certains concentrés, sont très riches en calcium. Mais il convient d’éviter les excès comme les carences. On surveillera également l’apport en vitamine D dans la ration.

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